Les outils du maroquinier

« L’homme est un animal faiseur d’outils. »

B.Franklin

Le travail de maroquinerie requiert une multitude d’outils. L’évolution du métier, des techniques et des savoirs-faire a engendré l’invention et le perfectionnement de nombreuses machines-outils. L’utilisation, l’entretien et la maîtrise de ces outils nécessitent une pratique et une intelligence de la main acquise derrière l’établi par l’artisan. Cent et cent fois sur le métier il repose son ouvrage.

Les outils de coupe

  • les outils à main

L’indispensable

Le couteau

  • les emporte-pièces

Un emporte-pièce est un outil de coupe réalisé en lames d’acier affûtées rigidifiés par un entretoisage métallique. L’emporte-pièce est destiné à une utilisation sur une presse hydraulique. Fabriqué par des artisans, les emporte-pièces mécano-soudés reproduisent les modèles de pièces dessinées lors de la phase de prototypage d’un nouveau modèle. Ms.J & Mr.G créent leurs modèles à la main, gabarits en cartonnage, découpe manuelle et assemblage des éléments. Dès lors qu’un modèle convient à leurs souhaits, ils font réaliser les emporte-pièces qui permettront d’assurer une régularité dans la fabrication.

La refente du cuir

Refendre le cuir signifie séparer par une action mécanique la fleur du cuir de sa chair. Il s’agit d’une coupe dans l’épaisseur. La partie supérieure conserve alors sa dénomination de Pleine Fleur, tandis que la partie inférieure devient de la Croûte de Cuir ou Refente de Cuir.

La maîtrise de l’épaisseur des peaux utilisées est primordiale dans l’obtention d’un résultat conforme aux spécificités d’un article de maroquinier particulier. L’épaisseur d’un cuir modifiera entre autres, sa main (souplesse/rigidité), sa propension à se plier, son élasticité et sa rigidité.

  • La refente manuelle

Certains articles de maroquinerie nécessitent une refente partielle sur une largeur limitée. Pour ce faire il est possible d’utiliser une refendeuse manuelle, dont l’invention remonte à la fin du 19ème siècle. Ms.J & Mr.G utilisent une refendeuse américaine, la fameuse C.S.Osborne N°84.

  • La refente mécanique

Pour répondre aux besoins des industriels, des refendeuses mécaniques ont vu le jour dans les années 1950 et n’ont cessé de se perfectionner pour être aujourd’hui assistées par informatique. Néanmoins le principe de ces machines demeure le même, il s’agit d’un couteau circulaire en acier souple tendu entre deux roues qui assure le travail de coupe. Le cuir est entrainé par deux rouleaux dont la pression est ajustée afin de régler l’épaisseur de coupe.

Ms.J & Mr.G ont acquis une refendeuse mécanique afin de leur permettre de maîtriser cette phase capitale du travail de maroquinerie.

Le parage du cuir

  • le parage au couteau à parer

Le couteau à parer permet d’affiner les bords des pièces de cuir afin de faciliter leur assemblage. Son utilisation requiert un grand savoir-faire et son affûtage régulier est réalisé au moyen d’un cuir d’affûtage.

  • le parage mécanique à la pareuse.

La pareuse mécanique permet de traiter de manière régulière et très efficace les pièces à parer. Elle est composée d’un couteau-cloche et le cuir est entrainé par une pierre rugueuse. Un jeu de pieds et différents réglages de pression permettent d’obtenir le parage souhaité. Ms.J & Mr.G ont décidé de s’équiper d’une pareuse mécanique afin de simplifier de nombreuses étapes de fabrication.

Les coutures

  • la couture à la main

La couture à la main est historiquement la première manière d’assembler deux pièces de cuir. Cette technique requiert un savoir-faire complexe et une pratique soutenue pour être parfaitement maîtrisée. La couture à la main requiert en outre plusieurs outils, outre des aiguilles spécifiques (droites ou courbes), une alène (outil pointu non coupant dont la pointe possède une section en losange) pour percer les trous, une roulettte à pics pour pré-marquer les points, du fil de lin enduit, il sera également nécessaire de disposer d’une pince sellier pour tenir l’ouvrage.

De nos jours seules les pièces les plus fines et difficiles d’accès, les finitions et certaines coutures d’ornement sont réalisées à la main. Toutes les autres coutures sont réalisées à la machine à coudre. Ms.J & Mr.G utilisent la couture à la main principalement pour les finitions des coutures de tous leurs articles, ainsi que pour certaines pièces nécessitant un renfort particulier.

  • la couture à la machine à coudre

La machine à coudre mécanique a révolutionné le monde dès son invention, son histoire se conjugue avec les révolutions industrielles du monde occidental et s’est poursuivie sans relâche jusqu’à aujourd’hui. De nombreuses améliorations techniques ont vu le jour, le principe breveté aux origines par un tailleur français originaire de la région lyonnaise, installé rue des Forges à Saint-Étienne, Barthélemy Thimonnier, a quelques peu évolué. Il dépose en 1830 le premier brevet d’une « mécanique à coudre » (ou « métier à coudre ») construite en bois, à un fil continu, en point de chaînette, cousant 200 points à la minute. En 1834 l’américain Walter Hunt est le premier à utiliser une canette, et donc utilise deux fils. Cette idée est reprise et améliorée par Elias Howe qui dépose un brevet en 1846 mais n’obtient aucun succès et part en Angleterre pour tenter de l’exploiter. Isaac Merrit Singer perfectionne en 1851 une machine qu’il doit réparer, ce qui lui permet de déposer le 12 août 1851 un premier brevet et de créer la même année la I.M. Singer & Co qui vend des machines à coudre à usage domestique, ce qui lui apporte le succès.

Outre la qualité d’exécution qu’offre la couture à la machine, celle-ci permet d’obtenir une régularité des points, une résistance aux forces exercées lors de l’utilisation tout en réduisant le temps de réalisation d’un ouvrage. Cependant l’entretien et le réglage d’une machine à coudre est très fin, sa maîtrise requiert patience et pratique. Une machine à coudre spécifique au travail du cuir, dite à triple entraînement, a été la première acquisition de machine-outil par Ms.J & Mr.G pour équiper leur micro-atelier parisien.

La pose d’éléments fixes

  • les rivets, pièces d’assemblage
  • les boutons pression
  • la presse manuelle

Le travail des tranches

Le travail des tranches consiste à traiter les tranches brutes du cuir pour les imperméabiliser, leur donner un aspect esthétique et un toucher agréable. Seule un traitement manuel apportera une finition à la fois durable, naturelle et esthétique. Tous les traitements industriels de cette étape échouent à reproduire le savoir-faire maroquinier. L’opération consiste à resserrer les fibres de la peau par action de la chaleur et l’application de différents produits. Ms.J & Mr.G ont travaillés de nombreuses heures à élaborer et perfectionner la technique la plus appropriée, selon eux, à la finition des tranches de leurs réalisations de maroquinerie. Il est réalisé uniquement à base de cire d’abeille posée à chaud en couches successives puis, polies à l’aide d’un lissoir en buis. La finition des tranches ainsi obtenue confère aux articles de Ms.J & Mr.G une authenticité et un toucher incomparable.

  • le filetage à chaud

Le filetage à chaud est à la fois esthétique et fonctionnel. Il s’agit de marquer, par l’effet de la chaleur, le bord des pièces d’un mince filet parallèle aux bords de la pièce. Ce filetage prépare l’opération d’application de la cire à chaud. Il est réalisé à la main et requiert un savoir-faire particulier, une précision et de la patience. Ms.J & Mr.G utilisent le filetage à chaud pour la quasi-totalité de leurs pièces, aimant sa simplicité et son élégance.

  • l’application à chaud de cire d’abeille

L’application à chaud de la cire d’abeille est une étape cruciale dans le traitement des tranches, il doit être réalisé à la juste température pour ne pas brûler le cuir et mais faire pénétrer la cire d’abeille dans les fibres. Plusieurs passages sont nécessaires à l’application uniforme de la cire d’abeille sur les tranches.

  • le lustrage au buis

Une fois appliquée sur les tranches, la cire d’abeille doit être lustrer à l’aide d’un outil doux et dur fabriqué en buis. Le buis appliqué par gestes répétés sur la tranche, la chauffe rapidement et permet un lustrage parfait.

Le marquage du cuir

Le marquage du cuir consiste à appliquer un motif, une lettre ou série de lettre, une marque sur le cuir de manière indélébile sans utiliser d’encre. Le marquage du cuir peut s’effectuer de différentes manières, à froid ou à chaud. À chaud, il est possible d’ajouter un film de couleur entre l’outil de marquage et le cuir. Quelques explications

  • le marquage à froid ou à sec

Le marquage à froid est un marquage réalisé par pression d’une forme sur le cuir. Il peut être réalisé à la main en frappant la forme avec une masse. Il est possible d’utiliser une presse hydraulique pour marquer le cuir de manière plus uniforme et sur des surfaces plus grandes.

  • les outils de marquage à chaud

Le marquage à chaud est un marquage réalisé soit avec un fer que l’on chauffe à l’aide d’une flamme ou à l’aide d’un dispositif électrique régulant la tension. On obtient des résultats plus homogènes et plus maîtrisés avec un régulateur de tension. Ms.J & Mr.G disposent d’un outillage de marquage à chaud pour apposer leur marque de fabrique J&G ainsi que pour proposer à sa clientèle de nombreuses possibilités de personnalisation.

  • le film à chaud

L’utilisation d’un film à chaud lors du marquage permet de mettre en valeur, de créer du contraste. Les couleurs les plus utilisées sont l’or et l’argent, mais de nombreuses couleurs existent sous forme de film métallisé.

  • la personnalisation

La personnalisation d’un article de maroquinerie consiste à apposer les initiales de son propriétaire, ou tout autre forme, ou marque, de manière indélébile grâce à un procédé de marquage. Considéré comme l’élégance ultime, la personnalisation de la maroquinerie est longtemps resté limité au secteur du luxe, mais aujourd’hui certaines marques proposent de personnaliser leurs objets. Ms.J & Mr.G ont développé un savoir-faire et une maîtrise des techniques de marquage à sec et à chaud offrant à leur clientèle la possibilité de personnaliser leurs articles de maroquinerie.

 

 

 

Malette d’artisan maroquinier. Années 1930. USA.