Les quatre types de tannage végétal.

Les matières tannantes

Le tannage végétal repose sur l’emploi d’une substance spéciale appelée tanin, qui a la propriété de former sur le collagène un composé insoluble et imputrescible.

Nous avons la famille des tanins naturels. Ces derniers se trouvent dans les différentes parties des végétaux :
Les écorces : chêne (22% de tanin pur), mimosa (30% de tanin pur), pin, épicéa, saule, bouleau ou palétuvier.
Le bois : châtaignier, québracho (arbre d’Amérique du Sud), chêne, cachou.
Les racines : bruyères, canaigre (arbre du Mexique).
Les feuilles : sumac, gambier
Les fruits : cupules des glands de valonnés, myrobolan (genre de prunier).

Nous avons ensuite la famille des tanins synthétiques. Il s’agit de composés chimiques doués de propriétés tannantes. Ils peuvent remplacer partiellement ou en totalité des tanins végétaux. Ils sont de plus en plus employés. Par exemple, le québracho sulfité est un tanin doux, soluble à froid ; le québracho non sulfité est un tanin astringent et soluble à chaud.

Les quatre types de tannage aux pigments végétaux
le tannage rapide, d’une durée de trois mois.
le tannage moyen de trois à six mois.
le tannage lent de six à douze mois.
le tannage extra-lent de douze à dix-huit mois.

Leur emploi doit être déterminé par le degré d’imperméabilité, de résistance, de fermeté et de souplesse demandés.

Le tannage extra-lent

Ce fût le premier tannage employé. Il exige l’emploi exclusif du tanin végétal sous forme naturelle (écorce de chêne) de faible concentration.
La durée de fabrication est du 12 à 18 mois en trois phases successives : la Basserie, les refaisages (c’est-à-dire laisser tremper la peau avec le tan) et les fosses.

Après les opérations de reverdissage, épilage, pelannage, ébourrage, écharnage, les peaux sont soumises à l’action de jus tannants de plus en plus concentrés.

La basserie dans ce cas est une série de quatre cuves cylindriques en bois contenant un jus tannant provenant du lessivage des écorces de chêne des fosses. Les peaux écharnées y sont mises à plat et restent respectivement 3, 4, 7 et 14 jours (au total un mois), à chaque changement on jette le jus de la première cuve, remplacé par le jus de la seconde, ainsi de suite et la quatrième cuve est alimentée avec un nouveau jus.

Les refaisages se pratiquent dans des cuves cylindriques en bois enterrées dans le sol. On alterne peau et couche de tan (écorce de chêne broyée), tout en abreuvant avec un jus tannant par une cheminée. On pratique ainsi deux refaisages de un mois et demi chacun.
Pour les fosses, le travail est identique, sauf que la proportion de tan est plus importante par rapport au jus., la durée de chaque fosse est de trois mois, le nombre de fosses est de 3 ou 4.

Le tannage lent

Le procédé est identique au tannage extra-lent mais un peu moins long. Le nombre et la durée des refaisages ou des fosses sont inférieurs.

Le tannage rapide

On utilise des extraits tannants au lieu d’écorce de chêne.

Il comprend trois parties :
Basserie : différente de celle du tannage lent. Les peaux sont d’abord déchaulées et la basserie assure un tannage presque complet. Il s’agit d’une série de cuves rectangulaires en ciment (une dizaine) nommée train de basserie ; les peaux sont suspendues et viennent en contact de jus de plus en plus riches en tanin. La durée est de 20 à 30 jours.

Tannage au foulon : durant 48 heures les cuirs sont foulonnés dans un jus concentré en tanin. L’agitation et l’élévation de la température favorisent le complément de pénétration et la fixation du tanin.

Retannage : le cuir de tannage rapide ayant un rendement en poids inférieur à celui du tannage lent, on lui incorpore une quantité supplémentaire de tannin ainsi que des charges de glucose ou de sulfate de magnésie. Ce dernier a pour but également d’insolubiliser le tanin. Après tannage au foulon les cuirs sont mis à plat un jour ou deux, ils s’égouttent et mûrissent. Ils sont essorés avant de subir le retannage. Il se fait en foulon, en bain court, c’est-à-dire presque à sec, en présence des produits avec très peu d’eau, et une petite quantité d’huile émulsionnée pour faciliter la rotation et nourrir légèrement le cuir.

Le tannage moyen

On combine ici les techniques de tannage lent et de tannage rapide, les méthodes peuvent donc être très variées. On peut se contenter d’accélérer le tannage lent en ajoutant de l’extrait tannant au cours des différents stades. Mais la méthode la plus suivie est la suivante :
– une basserie identique à celle du tannage rapide.
– un tannage au foulon avec un jus de concentration inférieur.
– un séjour en fosse avec de l’écorce de chêne.