Le tannage – généralités

Le cuir est le résultat du traitement de peaux animales afin de leur conférer des qualités de conservation, de souplesse et d’aspect spécifiques permettant de les utiliser en maroquinerie, sellerie, cordonnerie…

La succession d’étapes permettant le passage de la peau animale au cuir est donc le tannage (terme générique mais aussi une des composantes du procédé). Il se compose de quatre étapes principales:

  • le travail de rivière
  • le tannage
  • le corroyage
  • le finissage

Le travail de rivière

Ce travail consiste donc à préparer la peau au tannage.

Lorsque la peau arrive de l’abattoir, elle a été salée afin d’être conservée jusqu’à la tannerie. Le premier travail consiste donc à la réhydrater ainsi qu’à la nettoyer. Cette eau va aussi permettre d’offrir à la peau du gonflant pour ainsi mieux absorber les produits tannants. Ce travail va ainsi permettre de supprimer les composants indésirables de la peau tels que les poils, épiderme et tissus sous-cutanés pour venir travailler le derme qui seul deviendra le cuir.

Il n’y a pas si longtemps, les peaux étaient attachées et immergées dans l’eau des rivières jouxtant les tanneries afin d’être nettoyées. C’est la raison pour laquelle les tanneries historiques sont situées à quelques mètres des rivières. Aujourd’hui les peaux sont placées dans des foulons (grands tonneaux de 2 à 3 mètres de diamètre, dont la paroi de 10 cm d’épaisseur est proche de la densité de l’acier.)

Journal L’illustration – Date inconnue.

 

Les principales étapes de ce travail de rivière sont :

  • L’épilage : cette étape vise à éliminer l’épiderme, ainsi que les productions épidermiques telles que les poils ou encore la laine ;
  • L’ébourrage : ici, on cherche à ôter les tissus adipeux sous-cutanés et les débris des muscles adhérents côté chair (le côté chair correspond au côté intérieur de la peau, l’extérieur étant appelé fleur);
  • Le façonnage : il permet d’enlever les débris qui sont restés dans les follicules pileux afin d’obtenir une fleur de cuir lisse. Cela permet de fixer sur la fleur les pigments colorants de façon uniforme ;
  • Le déchaulage : c’est la dernière étape du travail de rivière. Il permet d’ajuster le pH de la peau de l’animal de façon à ce que la réaction du tannage soit optimale.

Le tannage

Il existe trois grands types de tannage :

  • Tannage végétal

C’est le procédé le plus ancien. Les matières tannantes sont des feuilles, des écorces, des fruits etc. Les peaux vont alors être mises dans des cuves avec ces éléments naturels. Cela permettra de les rendre imputrescibles : on pourra dès lors parler de cuir.

Historiquement la durée des opérations pouvait durer 17 mois environ. Ce tannage lent pour des raisons économiques n’est plus possible, et la méthode du tannage rapide l’a très largement remplacé. Il faut compter environ 1 mois aujourd’hui.

  • Tannage minéral

Historiquement, on utilisait de l’alun qui constitue le plus ancien des tannages minéraux. Aujourd’hui les sels de chrome sont les plus utilisés. L’idée est de faire interagir le chrome et le collagène de la peau de l’animal par hydrolyse. Ce procédé est plus rapide que le précédent, et prend 24h environ. Il est donc plus répandu que la méthode du tannage végétal, et offre des cuirs différents.

  • Tannage organique ou chamoisage

C’est un tannage aux huiles de poissons, essentiellement l’huile de foie de morue. Les peaux obtiennent ainsi une grande souplesse, un aspect velouté et sont lavables.

Le cuir brut ainsi obtenu, doit être ajusté en fonction de sa destination, il s’agit de l’étape du corroyage.

Le corroyage

Lors de cette étape et selon la typologie de cuir (cuir humide ou cuir sec), sont modifiés: l’épaisseur du cuir (refendage), la teneur en eau (essorage), la souplesse (battage), l’aspect (mise au vent, ponçage).

 

Le finissage

Le finissage se décompose en quatre grandes phases : la teinture, la nourriture, le finissage et enfin le séchage.

  • La teinture : c’est elle qui va donner sa couleur finale au cuir. Encore une fois une distinction sera établie dans le procédé entre un cuir tanné végétal ou minéral.
  • La nourriture : elle a pour but d’imprégner le cuir d’une quantité variable de matières grasses afin de conserver ou d’amplifier sa souplesse et de l’imperméabiliser.
  • Le finissage : c’est l’opération qui consiste à recouvrir d’une couche mince de matière adhérente et solide, qui le protège des agents extérieurs et améliore son aspect. Il déterminera en partie l’aspect final ainsi que les caractéristiques du cuir : uniformiser la coloration, le rendre plus ou moins brillant, améliorer l’imperméabilisation etc. ;
  • Le séchage : cette dernière étape a des répercussions importantes sur la qualité des cuirs. Ces derniers ont tendance à se rétracter en séchant. Il faut donc veiller à ne pas sécher trop rapidement et fortement un cuir. La meilleure méthode restant de le suspendre dans un bâtiment à l’air libre et ventilé.